Message à l’attention des coureurs : les photos visibles ici ne sont pas à vendre, une équipe de professionnels étant venue sur place en grand nombre spécialement pour cela, comme elle le fait chaque année et sur d’autres courses de cette envergure. Vous pourrez retrouver leurs photos ici.

La veille des courses : temps radieux à Chamonix

Retrouvez les photos officielles de la course sur flash-sport.com

Lorsque je discute de ma passion pour la photo de sport, je prends souvent en contre-exemple le photographe d’agence assis sur son tabouret au bord du stade de foot, l’œil rivé dans un objectif de 500mm posé sur son monopode…

Ce que j’aime faire, c’est évidemment tout l’inverse : me situer au cœur de l’action et travailler au grand angulaire à main levée, de manière à vivre une expérience proche de celle du sujet, à ressentir si possible des émotions similaires, et à valoriser celui-ci dans son environnement. Quand on aime courir, la course nature (aussi appelée trail) est l’occasion rêvée pour cela, puisque tout se passe en plein air, et qu’il suffit de bien se placer, voire si l’on en est capable… de suivre la course !

C’est ce que j’ai pu expérimenter cette année sur l’UTMB (Ultra Trail Mont Blanc), véritable épreuve reine en France, alors que cette édition 2010 restera dans les esprits comme très entachée par des conditions climatiques exécrables ayant entrainé les organisateurs à neutraliser voire annuler les différentes courses. Voici un échantillon des quelques 700 photos faites ce jour là…

Un départ de Courmayeur annonciateur de pluie…

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J’ai quand même eu la chance, sur la course CCC (Courmayeur – Champeix – Chamonix, 98 km et 5618m de dénivelés positifs, 1835 coureurs au départ), de shooter la tête de course au meilleur moment possible : éclaircies, ciel bleu, et même chaleur pendant quelques instants !

Pour cela, je me suis tout simplement posté au premier gros ravito (Arnuva, en Italie), après avoir assisté au départ de Courmayeur sous des trombes d’eau un peu plus tôt. Les premiers sont arrivés à Arnuva après 3 heures de course, rencontrant pluie, froid et vent dans leur première ascension de 1400 mètres sur une distance de 26 kilomètres (tête de la Tronche, 2584m).

Autant dire qu’ils étaient donc déjà bien entamés, contrairement à moi (même si je n’étais pas tout à fait frais). Ce qui m’a permis d’en accompagner certains jusqu’en haut de Grand Col Ferret, de discuter avec eux, et de partager des instants privilégiés puisque l’ascension imposant la marche, elle n’interdit pas de parler un peu. Bravo et merci d’ailleurs à tout ceux avec qui j’ai pu faire connaissance, notamment Florian, Brice, et même Steven que j’ai suivi un peu plus tard (après le ravito de la Fouly, en Suisse).

Arrivée des premiers concurrents à Arnuva, et ascension de Grand Col Ferret

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Côté technique, j’ai préféré le reflex au compact, pour son mode manuel, indispensable à une bonne réactivité. Par contre il me manquait le flash (le flash intégré du D300s est assez moyen en extérieur, car il ne permet pas de surexposer à plus de 1 diaph). Courir avec un gros boîtier (accessoirisé de son grip vertical) + un zoom grand angle (Nikon 16-85mm) à la main ou en bandoulière n’étant déjà pas chose facile, j’aurais pris trop de risques pour le matériel et pour moi en emportant aussi le SB900, même si j’aurais certainement rapporté quelque chose de bien meilleur et fait plus de photos (aux ravitos notamment)…

Tout est une affaire de compromis : j’avais même prévu le trépieds pour faire des vidéos, mais une fois sur place, excité par l’ambiance de la course et compte tenu de la météo, je l’ai laisser de côté pour couvrir un maximum de distance en lumière naturelle pour des paysages, des cadrages, et surtout des coureurs différents.

J’aime la course à pieds autant que la photo ! En réalité, je n’ai plus fait grand chose après la Fouly, car n’ayant pas encore l’habitude de dépasser les 25 km, j’ai commencé un peu à souffrir avant même d’atteindre Champex…

Passage à Grand Col Ferret (2537 m), descente vers la Fouly (1598m), Praz-de-Fort (1151m) et remontée vers Champex-Lac (1477m)


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Du point de vue purement sportif, j’ai parcouru quelques 43km entre Arnuva et Trien avec environ 2500m de dénivelés positifs, entrecoupés d’une pause de près de deux heures à Champex pour attendre un ami (j’ai donc fait l’accompagnant-coureur, un nouveau statut que je réclamerai à l’organisation l’an prochain, car courir avec pour seule alimentation du coca et des saucisses-frites reste assez aléatoire !)

La portion Champex-Trien fut assez horrible pour moi, comme pour pas mal de coureurs, car très raide, et arrosée de partout (des torrents qui débordent + une pluie incessante), le tout de nuit, avec une température un peu fraîche en haut (Bovine, 1987m) où plusieurs coureurs ont fait des hypothermies…

Je n’ai observé personne chuter ou se plaindre, mais j’ai vraiment senti de la souffrance derrière cette longue trainée de lampes frontales qui s’étirait devant et derrière moi. Des moments de recueillement où chacun se demande ce qu’il fait là et doit sans doute mesurer minutieusement les motivations profondes de sa passion pour l’ultra running. Sachant que dans ces conditions, il n’y a plus grand monde qui court… La difficulté d’une ascension tient d’ailleurs aussi dans ce qui nous attend ensuite, et à ce moment là, les coureurs n’ont encore fait qu’une grosse moitié de la distance totale, avec devant eux 2 bosses en plus de celle qu’ils sont en train d’encaisser…

Perturbant ce mutisme, je répondais à quelques appels téléphoniques d’amis basés à la Réunion, pour apprendre que l’UTMB, la GRANDE course partie un peu plus tôt de Chamonix, venait d’être neutralisée, et tentait d’expliquer brièvement à ces derniers ce que je faisais là…

Au final, je suis revenu très courbaturé, mais enchanté de cette expérience, et je compte bien faire mieux l’an prochain !!! A suivre…

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