Run in Savoie

24 juin 2010

Randonnée glaciaire en Vanoise : pointe de la Réchasse

047-20100624-dsc_2399Dans le cadre de la célébration du 150ème anniversaire de la première ascension de la grande Casse (par William Mathews le 8 août 1860), la commune de Pralognan-la-Vanoise (dans le canton de Bozel) et son partenaire Savoie Mont-Blanc ont organisé un événement en recréant la cordée historique, 150 ans après (voir article sur le sujet). Les descendants des premiers alpinistes de l’époque, des membres de l’Alpine Club (Londres), ainsi que de nombreux journalistes étaient présents. Tous n’étant pas des montagnards avertis, une ascension plus abordable était organisée, niveau « initiation glaciaire » : l’ascension de la pointe de la Réchasse (3212 mètres) au départ du refuge de la Vanoise (2517 mètres).

Toute première randonnée glaciaire pour moi, après une journée de préparation la veille : location des chaussures, baudrier et crampons à la station, montée en télésiège, puis accès au refuge de la Vanoise par le lac des vaches, soit 2 bonnes heures de marche pour faire connaissance avec les autres participants. Le dîner fut servi par une équipe bien rodée témoignant de la grosse capacité d’accueil du refuge (150 personnes) pour une cinquantaine de bouches à nourrir ce soir là.

Pour nous, réveil à 4h, après une toute petite nuit malgré des dortoirs plutôt confortables : il y fait chaud ! Finalement ce n’était pas une blague : il faut bien dormir la fenêtre ouverte… Petit déjeuner puis départ vers 5h, alors que l’ascension de la grande Casse est déjà loin : on discerne très bien la petite guirlande formée par les lampes frontales de celles et ceux qui s’élancent à l’assaut des 1400 mètres de dénivelés et des quelques 45° de pentes qui les attendent par endroits… Pour gravir la Réchasse, nous ne prendrons évidemment pas le même chemin, et pourrons donc les voir progresser de loin (versant dans notre dos). Gants et bonnet sont enfilés, il fait seulement 1 degré, mais nous n’avons pas vraiment la sensation de froid. Comme une petite excitation du départ…

Très vite la clarté est suffisante pour marcher sans frontale et je trouve les réglages manuels me permettant d’utiliser la lumière ambiante et le flash intégré. Comme d’habitude, je cavale comme un cabri, la journée va être magnifique et je tiens à capter toutes les étapes du lever du jour. J’ai 2×4 Go dans le D300s en bandoulière et un accu de rechange dans le sac, ainsi que les 2 Lumix en cas de besoin si le reflex devenait trop encombrant.

Le moment où le soleil émerge est carrément magique, et nous nous arrêtons à chaque virage pour faire des photos.

011-20100624-dsc_2159Nous avons pas moins de 5 guides, soit presque un par personne. Ce n’est pas autant que Marie, sur la grande Casse, qui en a 2 pour elle toute seule, mais c’est déjà presque du grand luxe. Ces derniers nous confirment que les conditions sont idéales : il neigeait encore le week-end dernier, et le dessus du manteau est gelé, c’est parfait pour l’adhérence des crampons. Puis c’est la cordée avant d’attaquer la montée sur la crête. Toujours une première pour moi. Sensation étrange que de se sentir lié aux autres, même si nous ne sommes que 3 dont un guide. On est du coup beaucoup plus attentif, il ne faut pas marcher sur la corde et adapter son rythme à celui de ses compagnons de cordée. Du coup, je cours moins dans tous les sens, mais cela ne m’empêche pas de shooter, et une fois sur la crête, nous prenons encore tout notre temps pour apprécier.

Au sommet, deux surprises nous attendent. D’abord, nous apercevons 2 randonneurs qui arrivent tout juste sur la pointe Mathews. C’est dans la boîte : je shoote la montagne toute entière (les Grands Couloirs de la grande Casse sont encore complètement dans l’ombre), et en zoomant à fond je distingue bien les 2 silhouettes sur la crête à seulement 15 mètres du sommet, comme je montrerai un peu plus tard autour d’une bière aux deux randonneurs anglais. C’est alors que Roland, guide à Pralognan et moniteur de ski à Courchevel, à ce moment précis, nous sort une tranche de Beaufort et les biscuits qui vont avec. Autant dire que l’on frôle l’extase… Après une dernière séance photo, nous redescendons, ce qui me donne l’occasion de passer premier de cordée. Nous marchons sur le glacier, une large langue de neige qui déborde de deux côtés de la montagne. Dessous, il y a la glace, et notre guide nous explique en nous montrant la falaise à notre droite que 20 ans plus tôt, la glace montait au moins 15 mètres plus haut (photo ci-dessous)…

En arrivant, vers midi, il fait déjà très chaud, et nous comprenons la raison du réveil matinal : la neige ramollit, rendant la progression moins facile, on pourrait d’ailleurs bien descendre à skis, certains choisissent même de glisser sur les fesses. Avant d’arriver au refuge, je fais un peu mieux connaissance avec Tim, journaliste basé à Oxford qui connaît parfaitement Oxford Brookes University, ses « hall of residence » avec un immense pub et une soirée par semaine. Il me dit qu’il y a passé beaucoup de temps. C’était il y a 13 ans pour moi, de bons souvenirs aussi, mais aujourd’hui je crois bien que je ne regrette ni Oxford, ni Paris !

Si vous aimez la randonnée glaciaire ou voulez vous initier à cette expérience accessible et gratifiante, les guides de Pralognan vous attendent. Leur gentillesse n’a d’égal que leur envie de vous faire découvrir et partager leur passion pour la montagne. Aujourd’hui, en complément de l’alpinisme et de l’escalade, ils proposent de nouvelles activités telles que la via ferrata, le canyoning, la tyrolienne, le parcours accrobranches… Mais en matière de randonnée, hiver comme été, ils vous emmènerons où vous ne soupçonnez pas être capable d’aller…

Reportage complet sur Laurent Fabry, photographe Savoie

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